Catherine flûte- Amélie violon-Maël- lead guitare électrique-André clavier- synthé-percussions
Le projet
À toi qui reçoit ce mail, pour toi et pour les membres de ton groupe de chants : paix et joie à vous ! Depuis 2004, notre paroisse Sainte Marie en Pays Rochois a été créée. Nous essayons de "vivre" en paroisse, pas à pas, dans différents domaines. Le domaine du chant liturgique en fait partie. Après un temps de réflexion en EAP (Equipe Animation Pastorale) et en commission liturgique de la paroisse, est né un projet d'une chorale paroissiale, le nom de "Chorale Sainte Marie en Pays Rochois" ( le nom peut évoluer, nous avons choisi celui-là pour bien signifier que ce sera une chorale qui rassemble les talents de la paroisse) *
À quoi servirait cette chorale ? Elle ne supprimera pas du tout les équipes liturgiques qui animent les messes du dimanche ! Elle cherchera plutôt à accompagner les fêtes de la paroisse (nous en avons recensé une dizaine pour l'année 2020). Elle participera aux fêtes des différentes communautés locales, et que sais-je encore...
Qui en sera responsable ? Jean-Claude Métral (Nouveau membre de la commission liturgique paroissiale) a accepté d'en assurer la responsabilité et la coordination. Cette chorale nouvelle apprendra à chanter ensemble dans des répétitions qui auront lieu tous les quinze jours le LUNDI soir à l'église de La Roche : enfin je confie à votre prière ce projet.
Bonne fin de journée !
Jean-Claude, curé de la paroisse.
De cette vision, le Père Jean-Claude Mutabazi nous a montré le chemin. À toi cher Jean Claude, notre maestro, nous te dédions ce site sans qui rien n'aurait été possible par ta GRÂCE !
André : octobre 2022
Notre mission
La chorale GRÂCE, chorale paroissiale Sainte Marie en Pays Rochois, rassemble des choristes et musiciens de nos différentes communautés. Elle a pour mission d'accompagner les célébrations avec un répertoire actuel, moderne. Outre les répétitions de mise en commun les lundis soirs à Arenthon, les nouvelles technologies sont largement utilisées, sources d'une autre forme d'apprentissage.
Merci au Père Hervé Rivoiron, curé de la paroisse, de l'attachement et de l'amitié qu'il nous porte.
Que nous soyons dignes de sa confiance !
Joëlle et André.
Octobre 2022
GRÂCE, chorale de la paroisse Sainte Marie en Pays Rochois a pour objectif d'animer les grandes fêtes qui ponctuent l'année liturgique. Les répétitions ont lieu le lundi tous les quinze jours à l'église d'Arenthon de 19h30 à 21h30. " On travaille beaucoup, il est vrai, mais c'est dans ces moments-là que nous façonnons nos chants. Toutes les personnes intéressées par le chant liturgique et l'accompagnement musical moderne sont les bienvenues. Le covoiturage est souhaité pour les répétitions. GRÂCE est sous l'égide de la paroisse Sainte Marie en Pays Rochois représenté par le Père Hervé Rivoiron, curé de la paroisse et l'EAP (Equipe d'Animation Pastorale).
Maison paroissiale : 44, rue de l'Hôpital -74800 La Roche sur Foron.
Edition : Les tubes de la messe - Edition du 17 juin 2021 (n° 3955)
1. Regardez l'humilité de Dieu.
2. Le Psaume de la création.
3. Tu es là au coeur de nos vies.
4. Un grand champ à moissonner.
5. Trouver dans ma vie ta présence.
6. Souffle imprévisible.
7. Couronnée d'étoiles.
8. Que tes oeuvres sont belles.
9.Debout resplendis.
10 Comme un souffle fragile.
11. Si le Père vous appelle.
C’est sans doute le plus récent « tube » à s’être imposé dans les paroisses catholiques. Vous l’avez peut-être entendu lors d’une messe paroissiale, avant ou après la communion, ou dans l’une des vidéos de chorales confinées qui ont fleuri sur les réseaux sociaux depuis le début de la pandémie.
Ou alors, vos enfants en reprennent régulièrement en boucle le refrain, vous le mettent en tête pour les 24 heures qui suivent ? Ces dernières années, le chant Regardez l’humilité de Dieu s’est répandu comme une traînée de poudre dans les paroisses comme dans les familles. En témoignent les millions de vues générées par ce titre et ses centaines de reprises sur YouTube : l’une d’entre elles affiche bientôt 862 000 vues, tandis que celle proposée par la chorale Gaudete en compte par exemple 652 000.
Inspiré de saint François d'Assise
C’est à l’origine pour une collection de livres-CD intitulée Graines de saints (Mame), dédiée aux enfants de 6 à 10 ans et à leurs familles, que ce chant a été composé. « C’était une réponse à l’Année de la foi proclamée par Benoît XVI en 2012-2013, relate Anne-Sophie Rahm, la compositrice des chants. Avec Bénédicte Delelis, l’auteure des histoires, nous avons ressenti un appel à interroger les saints – le sous-titre des albums est d’ailleurs “Dis-nous en qui tu crois !” – et à les laisser raconter leur histoire à travers nous. »
Après deux premiers contes musicaux retraçant les vies de Marcel Van et de Thérèse de Lisieux, les deux jeunes femmes consacrent le troisième à François d’Assise. Fin octobre 2014, Anne-Sophie Rahm compose cinq titres inspirés des écrits des saints François et Claire d’Assise, dont Regardez l’humilité de Dieu. Les paroles de ce chant sont une adaptation de la Lettre à tout l’Ordre, texte que François a adressé à la fin de sa vie (1226) à tous ses frères : « Ô admirable grandeur et stupéfiante faveur, ô sublime humilité et humble sublimité : le Seigneur de l’univers, Dieu et Fils de Dieu s’humilie au point de se cacher sous la modeste apparence du pain. Voyez, frères, l’humilité de Dieu et devant lui, épanchez votre cœur, humiliez-vous, vous aussi, pour être exaltés par lui. Ne retenez pour vous rien de vous, afin que vous reçoive tout entiers Celui qui se donne à vous tout entier » (tiré de Puiser à la source d’Assise. Les écrits de saint François et de sainte Claire, Les éditions franciscaines, Paris, 2013).
Le rôle du groupe de prière Abba
« Ce chant a été écrit d’abord pour les enfants, mais avec le souci de toucher aussi les familles et toutes les générations, puisqu’il n’y a pas d’âge pour se laisser rejoindre et interpeller par la parole des saints », explique Anne-Sophie Rahm. Dès sa composition, avant même que le livre musical soit publié, le chant est repris par le groupe de prière Abba. Celui-ci réunit depuis les années 2000 des dizaines de personnes pour des veillées d’adoration à l’église Saint-Étienne-du-Mont à Paris. « À l’époque où la collection a vu le jour, Bénédicte Delelis et moi étions toutes deux engagées dans ce groupe, raconte encore Anne-Sophie Rahm. Dans ce cadre, nous avions de multiples occasions de nous plonger dans les écrits des saints pour nourrir la prière des adorateurs et la nôtre, et d’éprouver les bienfaits de leur intercession. Ce groupe de prière a donc été le terreau de la collection “Graines de saints” et de ses chants. »
Regardez l’humilité de Dieu y a été chanté pour la première fois à quatre voix par le chœur lors de la veillée du 5 novembre 2014. « Ce chant avait beaucoup touché les choristes et les adorateurs du mercredi soir », se souvient Florence Margottin, alors chef de chœur d’Abba. Selon elle, ce sont d’abord les paroles qui font que le chant marque les esprits et les cœurs. « Très peu d’hymnes parlent de l’eucharistie de façon simple,explique-t-elle. Par ailleurs, il donne à contempler la petitesse d’un Dieu qui s’humilie et se fait pain, ce qui est assez rare pour un chant d’adoration où l’on insiste d’habitude sur la majesté de Dieu. » Elle a pu aussi constater lors de missions d’évangélisation organisées l’été par le groupe que ce thème touchait même les gens éloignés de l’Église. « Ce chant a une belle grâce de douceur, qui rejoint les personnes où qu’elles soient dans leur chemin spirituel », témoigne la jeune femme.
R/ Regardez l’humilité de Dieu,
regardez l’humilité de Dieu,
regardez l’humilité de Dieu
et faites-lui hommage de vos cœurs !
Admirable grandeur,
étonnante bonté
du maître de l’univers
qui s’humilie pour nous
au point de se cacher
dans une petite hostie de pain…
Faites-vous tout petits,
vous aussi, devant Dieu
pour être élevés par lui.
Ne gardez rien pour vous,
offrez-vous tout entiers
à ce Dieu qui se donne à vous…
(Rahm/Mame)
Un chant que nous aimons beaucoup ! GRÂCE
En janvier 2021, les réseaux de la « cathosphère » sur Twitter sont en ébullition : un internaute, qui répond au pseudonyme de Le Nain, vient de lancer un concours pour élire le chant d’église le plus connu et apprécié. Deux par deux, les plus grands « tubes » de ces 40 dernières années sont été soumis au vote des internautes. Et au bout de quelques jours, c’est le Psaume de la Création,incontournable classique de Patrick Richard, qui a été sacré grand vainqueur, au terme d’une finale déchirante dans un duel cornélien avec Si le Père vous appelle, du duo Rimaud-Berthier.
« Ce chant, je l’ai écrit par une nuit de colère », confie Patrick Richard, l’auteur du Psaume de la Création. À l’époque, jeune permanent du Mouvement eucharistique des jeunes (Mej), Patrick Richard commence à composer des chants pour les enfants du mouvement. En novembre 1984, il propose à l’équipe une série de chants pour la prochaine cassette à enregistrer, et on lui en refuse un.
« Vexé et en colère, je suis rentré chez moi pour composer un autre chant. À ma table de travail, un signet traînait avec un extrait du Cantique des créatures de saint François. Cela m’a inspiré et interpellé. Je ne me sentais pas reconnu comme créateur d’un chant ; et moi, comment je reconnaissais le Créateur, comment lui dire merci, comment le louer ? L’énergie de ma colère, je l’ai canalisée pour en faire quelque chose de bon : un lieu de création, un lieu de dialogue. » Et l’artiste sait de quoi il parle. Assistant social par ailleurs, il a appris à entendre et à écouter le cri des hommes dans son métier.
Le cri de son propre cœur, il en a fait un des chants liturgiques les plus interprétés. « “Je veux crier mon Dieu” est une phrase très personnelle dans ce chant. C’est mon expérience, mais qui rejoint celle de beaucoup d’autres. Je ne reprends pas les mots des psaumes ou de la prière tels quels. Je les laisse pénétrer en moi, et ils ressortent pétris de mon humanité et nourris de la divinité. »
À la force des paroles, ajoutez une mélodie facile à reprendre et vous obtenez le succès du Psaume de la Création. « Comme je m’étais inspiré d’un saint italien, j’ai écouté les chanteurs italiens à succès du moment. Au petit matin, la mélodie écrite, j’ai enregistré le tout et le lendemain l’équipe du Mej était conquise. »
Psaume de la création · Patrick Richard MEJ: Paroles en chemin... 25 ans en chansons ℗ ADF-Studio SM Released on: 2008-09-01 Composer: Patrick Richard Auto-generated by YouTube.
Patrick Richard ne se doutait pas alors que ce chant allait lancer sa carrière d’artiste. Le Psaume de la Création commence à circuler et arrive aux oreilles de Raymond Fau, auteur-compositeur-interprète de chants liturgiques, qui le contacte pour enregistrer un disque avec le studio SM.
C’est ainsi que Patrick Richard sort son premier album, Appelé à la liberté, en novembre 1985 avec comme titre phare le Psaume de la Création. Quelques mois plus tard, il reçoit ses premières demandes de concert. « Ce chant est au départ de mon aventure sur les routes. Les témoignages reçus à travers ce chant sont devenus ma lettre de mission. La plupart du temps, les gens sont capables de se souvenir de la première fois où ils l’ont entendu. C’est magnifique ! Moi, je me fais tout petit, j’accueille et je rends grâce. »
Un chant de communion
Si pour Patrick Richard, le souci principal de l’Église aujourd’hui est la communion, il peut être fier que son Psaume de la Création soit lui-même un hymne à la communion. « Ce chant dans ses paroles et sa musique dit les hauts et les bas de notre relation à Dieu, notre Créateur. Nous sommes tous concernés. Je suis heureux et touché qu’il ait été sélectionné dans ce tournoi sur Twitter, mais surtout qu’il soit repris aujourd’hui sur tous les continents dans des versions si différentes : classique, mimé, rock, acoustique par Grégory Turpin, en castillan, en vietnamien et même en breton ! Il a aussi été choisi et interprété en arabe lors de la cérémonie d’accueil pour la visite du pape Benoît XVI au Liban en 2012. »
Sur sa page Facebook, Patrick Richard s’amuse d’ailleurs à publier les vidéos des différentes reprises. Et parfois les commentaires associés sont éloquents et touchants, comme celui de Khalil : « Splendide, cette mélodie me met dans un état d’allégresse, d’extase indescriptibles. Musulman fan de cette mélodie que j’ai découverte grâce à un camarade chrétien ivoirien. » Ou celui de Colette : « Quelle belle interprétation de ce si beau chant qui porte à la louange, un grand merci Patrick Richard et Olé Chœur. »
Au-delà de la victoire à ce petit concours organisé sur Twitter, le Psaume de la Création est un chant qui touche encore, et dont le succès ne s’est jamais démenti, tant il est repris dans les célébrations de baptême, de mariage et d’enterrement. « Je ne suis pas surpris que ce soit ce chant qui ait gagné, c’est le chant le plus téléchargé depuis le lancement de notre plateforme Chantonseneglise.fr en 2009 », lance avec amusement Dominique Pierre, responsable éditorial d’ADF-Bayard Musique.
Pour l’éditeur du site de téléchargement de musiques et de partitions liturgiques, si le Psaume de la Création est la grande réussite de Patrick Richard, c’est parce qu’il mêle le talent d’un artiste et un public qui s’est approprié la musique et le thème du chant.
Ouverture et évangélisation
« La mélodie du Psaume de la Création se mémorise facilement avec ce rythme dansant de la valse. Inspiré du Psaume 8 et du Cantique des Créatures de saint François, ce chant est prophétique parce que saint François lui-même portait un regard nouveau sur la création. Il a perçu la fraternité qui nous lie chacun, un thème qui parle à tous et résonne particulièrement fort dans notre monde actuel. Un message relayé aujourd’hui par le pape François dans ses encycliques Laudato si' et Fratelli tutti », explique Dominique Pierre.
Et pourtant, il ne suffit pas d’écrire quelques bons mots et une jolie mélodie pour qu’un chant devienne le tube des bancs de messe. Pour Dominique Pierre, la force de ce chant réside dans sa capacité d’ouverture et d’évangélisation. « Le Psaume de la Création n’est pas écrit pour un moment particulier de la messe. Il touche même les non-initiés. Il intègre les gens du parvis. Ce chant, il est fait pour être chanté par tous et partout. Il est comme la multiplication des pains. C’est le coup de génie et d’inspiration de Patrick Richard d’avoir offert un chant indémodable car il parle de notre fraternité humaine ».
Patrick Richard n’a pas fini de chanter la Création et la fraternité puisque son nouvel album, le Paradis sur terre, vient de sortir chez ADF-Bayard musique. Des chants qui évoquent le besoin d’espoir et de communion, et qui font écho aux paroles du pape François sur la nécessité de prendre soin de nos frères et de notre « maison commune », la Terre.
Paroles
R/ Mon Dieu, tu es grand, tu es beau
Dieu vivant, Dieu très-haut
Tu es le Dieu d'amour
Mon Dieu, tu es grand, tu es beau
Dieu vivant, Dieu très-haut
Dieu présent en toute création
Par les cieux devant toi, splendeur et majesté
Par l'infiniment grand, l'infiniment petit
Et par le firmament, ton manteau étoilé
Et par frère soleil, je veux crier
Par tous les océans et par toutes les mers
Par tous les continents et par l'eau des rivières
Par le feu qui te dit comme un buisson ardent
Et par l'aile du vent, je veux crier
Par toutes les montagnes et toutes les vallées
Par l'ombre des forêts et par les fleurs des champs
Par les bourgeons des arbres et l'herbe des praires
Par le blé en épis, je veux crier
Par tous les animaux de la terre et de l'eau
Par le chant des oiseaux, par le chant de la vie
Par l'homme que tu fis juste moins grand que toi
Et par tous ses enfants, je veux crier
Par cette main tendue qui invite à la danse
Par ce baiser jailli d'un élan d'espérance
Par ce regard d'amour qui révèle et réchauffe
Par le pain et le vin, je veux crier
(Richard/Studio SM)
Tu es là au cœur de nos vies, sortie en 1973 chez Studio M sur un disque intitulé « Je te chante, Seigneur », fut l’un de ses plus grands succès. Dans les années 1970 et jusque dans les années 1980, il a inondé les messes dominicales et les célébrations de mariage, mais aussi les propositions à destination des jeunes et des enfants : groupes scouts, d’aumônerie ou de catéchisme, Action catholique des enfants (ACE)
© Les trésors de Studio SM - Chants liturgiques
Paroles
R/ Tu es là au cœur de nos vies
Et c’est toi qui nous fais vivre
Tu es là au cœur de nos vies
Bien vivant, ô Jésus-Christ
Dans le secret de nos tendresses
Tu es là
Dans les matins de nos promesses
Tu es là
Dans nos cœurs tout remplis d’orages
Tu es là
Dans tous les ciels de nos voyages
Tu es là
Au plein milieu de nos tempêtes
Tu es là
Dans la musique de nos fêtes
Tu es là
(Fau/Studio SM)
Un style qui détonne
« La mélodie est simple, bâtie sur des clichés musicaux. Le chant est facile, joyeux, et se mémorise bien », estime Philippe Robert. « Si le texte des couplets est plus faible, il y a une force indéniable dans le refrain, qui exprime des choses essentielles en peu de mots, et de manière compréhensible par tous »,note Daniel Ménard, qui fut pendant 20 ans le disquaire de la Procure, à Paris, et consultant pour le Secli. « Il m’arrive encore de le choisir, quand j’anime les chants dans ma paroisse. Je sais que je peux le faire entonner par n’importe quelle assemblée. »
Toutes les qualités d’un chant populaire, en somme : « Raymond est un excellent mélodiste », analysait le père Gaëtan de Courrèges, qui l’a accompagné à partir de 1967, dans le livre de Jean Humenry. « Un mélodiste, comme son nom l’indique, invente des airs qui “chantent”, qui trottent dans la tête et se transmettent, parfois même de génération en génération. Raymond possède un don qu’il tient sans doute d’une tradition de chanteurs populaires qui remonte aux troubadours. »
De fait, le succès de Tu es là, au cœur de nos vies fut populaire. Certes, la revue liturgique Église qui chante en a fait la recension à sa sortie. « Mais il n’a jamais été repris dans les sélections nationales élaborées par les évêques »,souligne Daniel Ménard. Car déjà, après avoir suscité intérêt et curiosité des spécialistes, le « style Raymond Fau » détonnait. « Il était le “cauchemar” du Centre national de la pastorale liturgique (devenu en 2007 le Service national de la pastorale liturgique et sacramentelle, ndlr), sourit Daniel Ménard. Les liturgistes commentaient : “Dans le style de l’auteur…”, ce qui voulait tout dire ! »
Des critiques très dures
En réalité, les critiques furent très dures : « On ne demande pas à Raymond Fau de brûler ses fiches ou de casser ses disques. Mais ne faudrait-il pas, maintenant, qu’il se taise ? », écrivirent carrément Claude Duchesneau, Paul Bardon et Jean Lebon dans L’Important, c’est la musique ! Essai sur la musique dans la liturgie (Cerf, 1977).
Qu’avait donc chanté Raymond Fau ? « En veillée, un chrétien qui aime la musique et le soleil a parfaitement le droit de chanter les sentiments religieux que lui inspire sa foi, mais la liturgie vit à un autre régime qui n’est plus celui de la foi d’un individu, si sympathique qu’il soit, mais de la foi de l’Église. Certes, la foi de l’Église est bien celle d’hommes et de femmes concrets, mais elle n’en reste pas au ras de leurs perceptions, de leurs sentiments, de leurs expériences ou de leurs problèmes. » Fermez le ban ? Pas tout à fait.
Les critiques pointaient encore « l’extrême simplification » des couplets, « les réminiscences de chansons enfantines », « le caractère simpliste des mélodies » et l’usage récurrent de la première personne. « L’abondance de la production » était également suspecte à leurs yeux ; tout comme… son succès. « Ce type de production et l’environnement de disques et de soirées qui l’accompagne, aboutissent, dans bien des endroits, à l’exclusive : on ne chante plus que ça. »
« Il écrivait avec son cœur »
Mais le public et les assemblées dominicales ne l’ont pas entendu de cette oreille. Car, n’en déplaise à ses détracteurs, Raymond Fau chantait juste. « Il touchait par sa sincérité, estime Daniel Ménard, parce qu’il écrivait avec son cœur. »
Son succès, Raymond Fau le doit également à l’ambiance d’une époque unique. « Après la réforme liturgique de Vatican II, s’était ouverte une période de création foisonnante, se souvient Daniel Ménard. On avait besoin de chants, parce qu’il fallait bâtir un corpus en langue française, et les maisons de disques et les revues liturgiques étaient dynamiques. Il y avait des places à prendre. »
[Série. Les tubes de la messe 4/8] Ce chant, qui résonnait particulièrement dans un monde rural, est l’un des plus connus de son auteur, le prêtre spiritain Claude Tassin, à la fois exégète et compositeur.
Chant d'envoi très connu, mais pas pour autant usé ou dépassé... "La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d'envoyer des ouvriers à sa moisson" (Mt, 9, 38)
« J’étais à Chevilly-Larue (la maison de la Congrégation du Saint-Esprit, ndlr). J’arpentais l’allée qui longe les halles de Rungis. Cela tournait dans ma tête. Je ruminais… » Ce souvenir, relaté par Claude Tassin au micro de Radio Notre-Dame en août 2018, a plus de 40 ans.
Nous sommes à la fin des années 1970. Claude Tassin, la trentaine (il est né en 1944), ordonné en 1971 au sein de la Congrégation missionnaire du Saint-Esprit, est sur le point de donner naissance à ce qui restera sans doute le chant le plus connu parmi la centaine de compositions dont il est l’auteur : Un grand champ à moissonner, sortira en 1979 sur le disque Une lampe sur mes pas (SEL/LEVAIN), et recevra le numéro « T 90 » dans les carnets de Chants notés de l’assemblée.
Un grand champ à moissonner, une vigne à vendanger, Dieu appelle maintenant pour sa récolte! Un grand champ à moissonner, une vigne à vendanger, Dieu appelle maintenant ses ouvriers! 1-Vers la terre où tu semas le désir de la lumière, conduis-nous Seigneur! Vers les cœurs où tu plantas l’espérance d’une aurore, Nous irons, Seigneur! 2- Vers la terre où tu semas le désir d’un monde juste, conduis-nous Seigneur! Vers les cœurs où tu plantas l’espérance d’une alliance Nous irons, Seigneur! 3- Vers la terre où tu semas le désir de vivre libre, conduis-nous Seigneur! Vers les coeurs où tu plantas l’espérance d’une fête Nous irons, Seigneur! 4 - Vers la terre où tu semas le désir de la Rencontre Conduis-nous, Seigneur ! Vers les coeurs où tu plantas l'espérance d'un visage Nous irons, Seigneur !
Au « hit-parade » des chants de messe, Trouver dans ma vie ta présence squatte depuis des décennies les premières places du classement. Une étude du Secrétariat des éditeurs de chants pour la liturgie (Secli) révèle qu’il était encore en 2016 le deuxième chant le plus chanté en paroisse, après Tu fais ta demeure en nous, de la communauté de l’Emmanuel, sans compter les ordinaires de messe (kyrie, alléluia, sanctus, agnus).
🎵 Les plus belles chansons chrétiennes chantées par Jean-Claude Gianadda, sur YouTube: http://bit.ly/2FA90Jb
Trouver dans ma vie ta Présence Tenir une lampe allumée, Choisir d'habiter la confiance Aimer et se savoir aimé. Croiser ton regard dans le doute, Brûler à l'écho de Ta voix, Rester pour le pain de la route, Savoir reconnaître Ton pas. Brûler quand le feu devient cendres, Partir vers Celui qui attend, Choisir de donner sans reprendre Fêter le retour d'un enfant. Ouvrir quand Tu frappes à ma porte, Briser les verrous de la peur, Savoir tout ce que Tu m'apportes Rester et devenir veilleur.
Souffle imprévisible Souffle imprévisible, Esprit de Dieu, Vent qui fait revivre, Esprit de Dieu, Souffle de tempête, Esprit de Dieu, Ouvre nos fenêtres, Esprit de Dieu ! Esprit de vérité, brise du Seigneur, Esprit de liberté, passe dans nos coeurs ! Esprit de vérité, brise du Seigneur, Esprit de liberté, passe dans nos coeurs ! Flamme sur le monde, Esprit de Dieu, Feu qui chasse l´ombre, Esprit de Dieu, Flamme de lumière, Esprit de Dieu, Viens dans nos ténèbres, Esprit de Dieu ! Fleuve des eaux vives, Esprit de Dieu, Chant de l´autre rive, Esprit de Dieu, Fleuve au long voyage, Esprit de Dieu, Porte-nous au large, Esprit de Dieu ! Voix qui nous rassemble, Esprit de Dieu, Cri d´une espérance, Esprit de Dieu, Voix qui nous réveille, Esprit de Dieu, Clame la nouvelle, Esprit de Dieu !
1998, Longpont-sur-Orge, dans l’Essonne. L’équipe d’animation qui organise le rassemblement de jeunes d’Île-de-France – le « Frat » – s’installe pour l’« atelier musique » de son week-end de préparation. Elle s’apprête à découvrir les chants qui accompagneront son grand événement. « Je m’en souviens comme si c’était hier, confie Éric Morin, prêtre du diocèse de Paris et membre de l’équipe liturgique du Frat cette année-là. Laurent Grzybowski a pris sa guitare et a entamé les premiers versets de Souffle imprévisible. Chacun a repris les paroles, attrapé son instrument. J’ai ressenti comme une vague d’émotion, nous avons “fait chorus”. Nous avons été soufflés ! »
Pourtant, ce chant d’invocation à l’Esprit saint, « esprit de Dieu », toujours plébiscité lors des célébrations de la Pentecôte ou pour les confirmations, a vécu un accouchement difficile, racontent ses trois auteurs – Laurent Grzybowski, journaliste à La Vie et interprète de la chanson, Claude Bernard, parolier liturgique, et Jo Akepsimas, compositeur – ce fut un travail d’équipe imprévu.
En effet, après que les responsables du Frat lui ont demandé la création d’un chant à l’Esprit saint, Laurent Grzybowski se tourne à l’époque vers son ami et auteur de renom, Claude Bernard qui lui livre un premier texte à habiller de notes. Mais… rien ne vient. Il partage sa difficulté à son directeur artistique, le grand orchestrateur Jo Akepsimas. Ce dernier déplace l’une ou l’autre phrase, démonte et remonte la structure, plaque trois accords dessus, et la magie opère.
Contemplations et invocations
Le succès de Souffle imprévisible tient, pour les trois compères, à une rencontre entre des paroles percutantes et une structure musicale populaire. Sur le fond, Claude Bernard a seulement appliqué « sa » méthode : « J’ai fait des strophes de façon à proposer une large évocation des différents noms et images de l’Esprit saint. “Souffle”, “vent”, “source”, “joie donnée” : cela fait une sorte de grande contemplation, détaille-t-il. Puis j’ai introduit les invocations : “ouvre nos fenêtres”, “porte-nous au large”, “coule en nos demeures”, “fais de nous des signes”. » Simple, basique ?
L’homme, qui a créé plus de 1500 chants pour des célébrations et temps liturgiques, continue : « Je suis très attaché à la devise du père Marie-Dominique Chenu : la Bible et le journal. » L’ancien moine travaille la Bible à la main, mais n’oublie jamais les réalités qu’il a rencontrées tout au long de sa vie professionnelle comme infirmier en psychiatrie : « Il ne suffit pas de regarder vers le haut, il faut aussi s’investir concrètement dans une communauté. Dans mon écriture, cela se traduit par l’égale importance entre une inspiration spirituelle et une invitation à l’action lancée aux fidèles. »
Rythme et musicalité populaire
La rythmique est l’autre pilier qui soutient Souffle imprévisible, analyse Jo Akepsimas. Lui aussi a marqué la musique liturgique depuis les années 1970, y apportant un souffle nouveau en allant puiser dans le jazz et le rock pour enrichir le répertoire de la messe. « Là, nous avons bâti ce chant sur une forme litanique, décrypte ce spécialiste de la musique. Cette forme littéraire et musicale est très populaire, elle existe dans toutes les cultures, civilisations et religions – j’en ai trouvé chez les Babyloniens 2000 ans avant Jésus-Christ ! »
Le format, enfin, achève d’expliquer le succès du chant : des versets avec deux phrases, l’un devant être « l’appel » de l’animateur de messe, l’autre voué à être la « réponse » de l’assemblée ; puis un refrain. « S’ouvre alors un dialogue dans la communauté chantante, qui mène à la communion dans la rencontre de l’altérité », estime Jo Akepsimas.
Surtout, « on est dans une simplicité qui rend ce chant accessible à tous »,souligne-t-il. Pas besoin de partition pour se sentir embarqué, d’autant que « la musique est construite sur des marches harmoniques très répandues dans les mélodies populaires, elle entre en résonance avec notre mémoire inconsciente musicale ». Il insiste : « S’y ajoute une répétition douce, facile à retenir, qui s’inscrit aussi dans les corps, car le binaire invite à un balancement corporel, même s’il est intérieur. »
Claude Bernard se rappelle d’ailleurs un reportage au journal télévisé sur le Frat de 1998 : « Quand j’ai vu le vicaire général de mon diocèse, dansant presque en chantant à tue-tête Souffle imprévisible pendant la messe, j’ai compris que nous avions réussi à créer un beau chant. »
Son succès ne s’est, depuis, pas démenti dans les paroisses françaises. Une longévité qui n’étonne pas Bernadette Mélois, directrice du Service national de pastorale liturgique et sacramentelle de la Conférence des évêques de France : « C’est un excellent chant d’assemblée, souvent pris pour les confirmations, les envois en mission, la Pentecôte. Il reprend la structure de la litanie, avec son alternance entre le soliste et les fidèles. Il est pétri d’images bibliques… » Et de rappeler que « lors du jubilé de l’an 2000, à Paris, la messe chrismale avait rassemblé 15 000 personnes à Bercy. Monseigneur Lustiger avait demandé ce chant pour l’invocation à l’Esprit ».
Un bon « chant de messe », pour Jo Akepsimas, exprime et, à la fois, façonne la foi « avec justesse ». « On ne prend pas assez au sérieux le rôle que joue le chant dans la formation de la foi ! Car le chant liturgique, c’est comme un cheval de Troie, confie Jo Akepsimas. Souvent à notre insu, il renferme plein de messages obliques, une manière de formuler les choses de la foi qui s’imprime en nous, pour le meilleur et parfois pour le pire. » D’où l’attention décisive qui doit être donnée aux mots que l’on chante à la messe : ils sont « profession de foi » à tout âge.
Répertoire commun de l’Église
La « politique » du Frat de créer un chant pour son rassemblement est toujours d’actualité : « L’ADN du Frat, hier comme aujourd’hui, c’est “Prier, rencontrer, chanter” », s’exclament en chœur Jean-Michel Dupont et Marguerite Niel, deux membres de l’équipe responsable 2021. Illustrer la thématique, donner une identité à l’événement… Autant de raisons qui entretiennent cette tradition. « Les jeunes viennent de différents horizons, plusieurs diocèses, mais ils sont unis par l’hymne du Frat. C’est impressionnant, ça fait trembler les murs et les cœurs d’être 10 000 à chanter ! On se souvient longtemps du chant de “son” Frat », confie Marguerite Niel. Comme une madeleine de Proust pour sa foi.
Mais l’intention a toujours été, pour les responsables de l’événement, de ne pas limiter leur public aux 11-18 ans : « Le Frat considère depuis longtemps qu’il doit être un lieu de création de chants liturgiques à offrir au patrimoine ecclésial », explique Éric Morin, ancien responsable. Et de raconter sa surprise, aux débuts des années 2000, alors qu’il rendait visite à des religieuses dans les Territoires palestiniens, de voir entonner lors de la messe qu’il célébrait pour elles un chant du Frat !
Les jeunes rentrent avec leur chant, les messes de leur paroisse se colorent et les équipes liturgiques se le transmettent d’une année sur l’autre. « On sait que des mots simples sans être infantilisant peuvent parler à tout le monde. Dans la catéchèse, on dit souvent que l’on a besoin de nourrir le cœur comme l’intelligence », estime Isabelle Morel, directrice adjointe de l’Institut supérieur de pastorale catéchétique de l’Institut catholique de Paris et auteure de Transmettre la foi en temps de crise (2020, Cerf). « Ce chant a fait tache d’huile car il répond à ces critères. » Ce n’est donc pas une surprise si Souffle imprévisible se retrouve aussi souvent, plus de 20 ans après sa création, dans les célébrations de mariage.
Note : C'est à partir de 2017 que GLorious est invité régulièrement tous les deux ans au weekend de la Pentecôte pour l'animation de ce rassemblement. Ainsi est né en 2017 la messe du Frat composé par Glorious. Tous les deux ans (2022) l'Hymne du Frat est reprise par 12000 jeunes collégiens. Les Lycéens se retrouvent l'année suivante à Lourdes. GRÄCE
« Couronnée d’étoiles » : comment le style du Renouveau a été consacré
Couronnée d'étoiles · Emmanuel Music Sous ton voile de tendresse - Chants à Marie ℗ 2011 Il est vivant - Editions de l'Emmanuel
2 juillet 2011. Durant la messe de mariage du prince Albert de Monaco et Charlène Wittstock, une mère et sa fille interprètent en duo un chant dédié à la Vierge Marie. Moment d’intense émotion pour la princesse, qui révèle au monde entier son visage baigné de larmes. Pourtant, au même instant, la retransmission télévisée de la célébration est l’occasion pour de nombreux catholiques de s’amuser en entendant une commentatrice, Geneviève de Fontenay, ancienne présidente du Comité Miss France, qui croit avoir reconnu les premières notes du chant, entonner… Une belle histoire, de Michel Fugain. Erreur ! Si la ligne mélodique a quelques similitudes, il s’agit en fait de Couronnée d’étoiles,un chant alors déjà connu de bien des paroisses.
Nous te saluons, Ô toi notre Dame Marie, Vierge Sainte que drape le soleil Couronnée d'étoiles, la lune est sous tes pas En toi nous est donnée L'aurore du Salut 1 - Marie Ève nouvelle et joie de ton Seigneur, Tu as donné naissance à Jésus le sauveur. Par toi nous sont ouvertes, les portes du jardin Guide-nous en chemin, étoile du matin. 2 - Tu es restée fidèle, mère au pied de la croix, Soutiens notre espérance et garde notre foi. Du côté de ton fils, tu as puisé pour nous, L'eau et le sang versés qui sauvent du péché. 3 - Quelle fut la joie d'Ève lorsque tu es montée, Plus haut que tous les anges, plus haut que les nuées, Et quelle est notre joie, douce Vierge Marie De contempler en toi la promesse de vie. 4 - Ô Vierge immaculée, préservée du péché, En ton âme en ton corps, tu entres dans les cieux. Emportée dans la gloire, sainte reine des cieux, Tu nous accueilleras, un jour auprès de Dieu.
En 1983, Jacques Berthier et Didier Rimaud reçoivent une commande pour un rassemblement des Scouts de France : composer une messe complète, qui y serait introduite. Les deux hommes sont déjà des « stars » dans l’Église catholique, et même au-delà. Jacques Berthier, qui collabore avec la communauté de Taizé depuis une bonne vingtaine d’années, a reçu les hommages du quotidien Le Monde, en une, pour Fais paraître ton jour, en 1977. Quant à Didier Rimaud, jésuite et parolier prolifique, il s’inscrit dans le sillage du poète Patrice de La Tour du Pin, qui a contribué, entre autres, à traduire la Bible pour la liturgie francophone, après Vatican II.
Pour la messe intitulée Que tes œuvres sont belles, à laquelle le chant du même nom appartient, il choisit d’ailleurs de citer un vers de son mentor dans le refrain : « Tout homme est une histoire sacrée » (La Vie recluse en poésie, 1938). Comme un hommage.
Ce n’est ni la première, ni la dernière fois, du reste, qu’ils travaillent ensemble. Berthier et Rimaud, c’est une histoire de succès et d’amitié. Quelques jours avant sa mort, Didier Rimaud avait confié à l’un de ses proches : « Je me prépare à aller chanter avec mes amis Jacques Berthier, Christian Villeneuve et Patrice de La Tour du Pin. »
« Que tes œuvres sont belles » : une histoire d'hommage... et d'amitié
C’est l’un des grands classiques du mythique duo formé par Didier Rimaud et Jacques Berthier. Et aussi l’un des titres qui affirment le mieux le style de ce dernier, compositeur, qui a par ailleurs marqué de son empreinte les chants de Taizé.
Par Marie-Lucile Kubacki - Publié le 16/06/2021 © La Vie
Paroles
1. Debout, resplendis, car voici ta lumière
Et sur toi la gloire du Seigneur
Debout, resplendis, car voici ta lumière
Et sur toi la gloire du Seigneur
Lève les yeux et regarde au loin
Que ton cœur tressaille d’allégresse
Voici tes fils qui reviennent vers toi
Et tes filles portées sur la hanche
R/ Jérusalem, Jérusalem
Quitte ta robe de tristesse
Jérusalem, Jérusalem
Chante et danse pour ton Dieu
2. Toutes les nations marcheront vers ta lumière
Et les rois à ta clarté naissante
Toutes les nations marcheront vers ta lumière
Et les rois à ta clarté naissante
De nombreux troupeaux de chameaux te couvriront
Les trésors des mers afflueront vers toi
Ils viendront d’Epha, de Saba, de Qédar
Faisant monter vers Dieu la louange
(J.M. Morin / Communauté de l’Emmanuel)
« Aujourd’hui, cela paraît fou de raconter cela, rit Jean-Marc Morin, mais je conduisais – en plus, je conduisais vite, comme souvent en me rendant au bureau ! J’avais un œil sur la route, un autre sur ma Bible, ouverte au chapitre 60 du livre d’Isaïe… Quand j’ai lu ce passage : “Debout ! Resplendis ! Car voici ta lumière, et sur toi se lève la gloire de Yahvé. Tandis que les ténèbres s’étendent sur la terre et l’obscurité sur les peuples, sur toi se lève Yahvé, et sa gloire sur toi paraît. Les nations marcheront à ta lumière et les rois à ta clarté naissante. Lève les yeux aux alentours et regarde : tous sont rassemblés, ils viennent à toi. Tes fils viennent de loin, et tes filles sont portées sur la hanche.”(Isaïe 60, 1-4) J’ai tout de suite imaginé cette immense caravane des exilés rentrant chez eux, fous de joie. Et puis la mélodie est venue… »
La suite, l’homme, aujourd’hui retraité et âgé de 74 ans, ne s’en rappelle plus tout à fait : a-t-il écrit les notes dès son arrivée au bureau, où il travaillait comme ingénieur chercheur dans le domaine des transports ? Ou bien a-t-il appris la mélodie par cœur afin de la reprendre plus tard, à tête reposée ? En tout cas, il est certain d’en avoir parlé immédiatement à son ami Charles-Éric Hauguel, également membre de l’Emmanuel, « et qui s’y connaissait en musique » : « Il m’a demandé : “Où as-tu trouvé ça ?” Il n’arrivait pas à concevoir que je l’avais composé moi-même ! »
Les débuts d’un répertoire
L’histoire de ce chant, publié dans le carnet Il est vivant !, en 1980, traduit bien l’ambiance qui régnait alors au sein de la toute jeune communauté charismatique. « C’était une période un peu échevelée », s’amuse Jean-Marc Morin, qui faisait partie de la première maisonnée, installée dans le presbytère désaffecté de la paroisse de Gentilly (Hauts-de-Seine) en 1974 – avec Pierre Goursat, le co-fondateur, et Henri-Marie Catta. « Quand je réécoute les cassettes audio enregistrées à l’époque, je trouve que c’était tout de même beau. Il y avait de la vie, du peps, un jaillissement qui parlait de lui-même. »
Au sein de la communauté, le chant est très vite devenu un sujet de préoccupation majeure. Car, « on louait beaucoup », relate Jean-Marc Morin. Le premier carnet de chant fut « assez hétéroclite », selon Guillemette Pradère, du Service Emmanuel Music. « Il rassemblait des chants du renouveau charismatique américain, du répertoire paroissial de l’époque, de la tradition orthodoxe et des groupes pentecôtistes ! On cherchait des chants qui expriment la louange, la foi, l’action de grâce, la prière. Nous avons aussi beaucoup reçu de la liturgie chorale du peuple de Dieu du père André Gouzes », un chant choral jugé « priant et accessible au service de la beauté des textes de l’Écriture et de la Tradition ». Mais, comme cela ne suffisait pas, l’idée d’un répertoire propre à la communauté est née.
Des chants pas conçus pour la messe
Musicalement, l’expérience de Jean-Marc Morin se limitait à la pratique amateure de la chorale : le jeune ingénieur ne connaissait presque rien au solfège. « J’aurais été incapable de chanter en soliste sur une partition, dit-il. Plus tard, j’ai quand même beaucoup appris auprès d’Élisabeth Barranger, qui m’a aidé dans ce travail de composition. Élisabeth faisait partie des musiciens de qualité, comme Michel et Marie-Françoise Penhard et Gilles du Boullay, qui nous ont rejoints à cette époque. Toutefois, je pense que notre amateurisme a été un bien : dans la création, il doit y avoir quelque chose qui dépasse le compositeur, son “moi” doit être le moins présent possible. Alors, l’Esprit saint peut travailler. »
Le répertoire de cette époque, conçu pour les assemblées de prière, a rapidement inondé les paroisses, ce qui n’a pas été du goût de tous les liturgistes. « Nos chants étaient conçus pour la louange, et non pas pour la messe », reconnaît Bénédicte Ducatel, spécialiste de la liturgie, membre de l’Emmanuel et qui a elle-même composé des chants pour la communauté, dont « Que vive mon âme à te louer ». « Ils avaient été reçus dans la prière, nourris de l’Esprit saint, mais ils ne respectaient pas nécessairement les critères objectifs requis par la liturgie – par exemple, une adéquation au rite que le chant accompagne. Ils ont été abondamment critiqués pour les erreurs d’écriture qu’ils contenaient : absence d’isorythmie (des vers plus longs que d’autres), rimes féminines répondant à la strophe suivante à une rime masculine, hiatus linguistiques (succession de deux voyelles appartenant à deux syllabes différentes, etc.) Mais ils ont souvent été choisis parce qu’ils étaient joyeux. »
Devenu un incontournable des mariages
Et, de la joie, « Debout resplendis » n’en manque pas. Il a d’ailleurs su rapidement convaincre : dès 1984, Année sainte voulue par Jean Paul II, il fait partie du programme officiel de la matinée du jour des Rameaux à Rome. Bénédicte Ducatel et Charles-Éric Haugel se trouvent alors place Saint-Pierre. « Charles-Éric m’a appelé au téléphone. Cela m’a beaucoup touché », se souvient Jean-Marc Morin. Il est aussi chanté lors de la visite du pape à Paray-le-Monial, en octobre 1986.
Naturellement, ce chant, qui est presque une danse, est devenu un incontournable des mariages et des jubilés. « C’est une danse, mais une danse pas trop rapide, au pas du chameau », précise Jean-Marc Morin, qui reconnaît sa coloration hébraïque – pourtant involontaire – que certaines orchestrations mettent davantage en valeur. Dans l’année liturgique, repris en chant d’entrée ou d’envoi, il a trouvé sa place lors du troisième dimanche de l’Avent et surtout de l’Épiphanie, reléguant quelque peu le plus classique « Lève toi, Jérusalem » (F 39), composé par David Julien quinze ans plus tôt.
Plusieurs fois repris, dont une fois par la communauté du Chemin neuf, « Debout resplendis » figure toujours dans le carnet Il est vivant !, signe de longévité, quand on sait le nombre de créations annuelles et la vitesse du turn-over. Un succès que Jean-Marc Morin attribue d’abord au texte qui, dans la veine de cette époque, se veut très proche des Écritures. « Les gens sont touchés par la justesse des paroles. C’est simple, théologique, ce n’est pas de la poésie à la guimauve, qui caresse l’affectif. »
Un parti pris assumé par une génération de compositeurs qui entendait prendre ses distances avec des créations de l’après-Concile qu’ils jugeaient trop « socialisantes ». Il en résulte une « écriture un peu brute, sans réelle poétisation », qui confine parfois au « mot-à-mot ». « Et tant pis si la musique ne tombe pas sur le bon pied », résume Bénédicte Ducatel. « “Debout resplendis” n’évite pas les écueils classiques : problème d’isorythmie (certains vers comptant 10 pieds, et d’autres 12), de rimes, de vers qu’il faut les faire rentrer “au chausse-pied” dans la ligne musicale… » De quoi trébucher sur les mots… Mais aussi, peut-être, entrer dans la danse ?
« Comme un souffle fragile » : mélodie sur une corde sensible
Composé par Gaëtan de Courrèges sur un texte de Pierre Jacob, le chant « Comme un souffle fragile », sorti en 1979 chez Auvidis, et qui a marqué toute une génération, a bien failli, par deux fois, ne pas naître.
Par Adrien Bail Publié le 23/06/2021 © La Vie
C’est l’histoire d’un chant qui n’aurait jamais dû voir le jour. Tout débute en 1977, lorsque Pierre Jacob confie une dizaine de textes à Gaëtan de Courrèges, destinés à former un cheminement de messe, du chant d’entrée à celui d’envoi. À l’époque, Gaëtan de Courrèges a 46 ans.
Ordonné prêtre 11 ans plus tôt, au sein de la congrégation vendéenne des Pères de Chavagnes (ou Fils de Marie Immaculée), le natif de Pau s’est fait connaître dans l’Église par sa version swing du « Notre Père »(1966) et un premier disque folk enregistré avec Raymond Fau et les Hellelujah Folklovers, en 1967, à l’apogée de la variété et du chant rythmé.
Il s’apprête à embrasser une carrière solo, refermant une première étape de sa vie, celle du groupe Crëche (1969-1977), un spectacle baroque monté avec Mannick, Jo Akepsimas, Jean Humenry et Bernard Haillant, qui a mené cette joyeuse troupe dans les rues, sur les plages et jusqu’à l’Olympia, en 1975.
Comme un souffle fragile, ta parole se donne. Comme un vase d’argile, ton amour nous façonne. 1 – Ta parole est murmure, comme un secret d’amour, Ta parole est blessure qui nous ouvre le jour. 2 – Ta parole est naissance, comme on sort de prison, Ta parole est semence, qui promet la moisson. 3 – Ta parole est partage, comme on coupe du pain, Ta parole est passage, qui nous dit un chemin. (P. Jacob – G. de Courreges)
« Si le Père vous appelle » : un classique plus audacieux qu’il y paraîtDerrière cet indémodable chant de messe de l’emblématique duo Didier Rimaud et Jacques Berthier, c’est toute la personnalité de son parolier, prêtre jésuite, qui se révèle…
Par Marie-Lucile Kubacki-Publié le 10/04/2021 © La Vie
Il y a des moments qui marquent la mémoire parce que tout – l’ambiance, la musique, les mots, les gens, les circonstances – s’harmonise de manière parfaitement juste. Le 8 décembre 2018, en Algérie, sur les hauteurs azurées d’Oran, un cortège s’avançait vers l’autel pour béatifier Pierre Claverie et ses 19 compagnons martyrs, dont les moines de Tibhirine, porté par une chorale d’étudiants sub-sahariens.
Les paroles, la musique, semblaient avoir été écrites pour cet instant. « Si le Père vous appelle à aimer comme il vous aime, / Dans le feu de son esprit, bienheureux êtes-vous ! / Si le monde vous appelle à lui rendre une espérance, / À lui dire son salut, bienheureux êtes-vous ! (…) Tressaillez de joie ! Tressaillez de joie ! Car vos noms sont inscrits pour toujours dans les cieux ! »
- Si le Père vous appelle à aimer comme il vous aime, Dans le feu de son Esprit, bienheureux êtes-vous ! Si le monde vous appelle à lui rendre une espérance, A lui dire son salut, bienheureux êtes-vous ! Si l´Eglise vous appelle à peiner pour le Royaume, Aux travaux de la moisson, bienheureux êtes-vous ! Tressaillez de joie ! Tressaillez de joie ! Car vos noms sont inscrits pour toujours dans les cieux ! Tressaillez de joie ! Tressaillez de joie ! Car vos noms sont inscrits dans le coeur de Dieu ! 2 - Si le Père vous appelle à la tâche des apôtres, En témoins du seul Pasteur, bienheureux êtes-vous ! Si le monde vous appelle à l´accueil et au partage Pour bâtir son unité, bienheureux êtes-vous ! Si l´Eglise vous appelle à répandre l´Evangile En tout point de l´univers, bienheureux êtes-vous ! 3 - Si le Père vous appelle à quitter toute richesse Pour ne suivre que son Fils, bienheureux êtes-vous ! Si le monde vous appelle à lutter contre la haine Pour la quête de la Paix, bienheureux êtes-vous ! Si l´Eglise vous appelle à tenir dans la prière, Au service des pécheurs, bienheureux êtes-vous ! 4 - Si le Père vous appelle à parler de ses merveilles, A conduire son troupeau, bienheureux êtes-vous ! Si le monde vous appelle à marcher vers la lumière Pour trouver la vérité, bienheureux êtes-vous ! Si l´Eglise vous appelle à semer avec patience Pour que lève un blé nouveau, bienheureux êtes-vous ! 5 - Si le Père vous appelle à montrer qu´il est tendresse, A donner le pain vivant, bienheureux êtes-vous ! Si le monde vous appelle au combat pour la justice, Au refus d´être violents, bienheureux êtes-vous ! Si l´Eglise vous appelle à l´amour de tous les hommes Au respect du plus petit, bienheureux êtes-vous
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